Une victoire à la Pyrrhus ! Une victoire avec un coût dévastateur pour le
vainqueur. L’on peut qualifier ainsi la victoire d’Alassane Ouattara au terme de 4
mois de crise politique et de guerre civile en Côte d’Ivoire.
Le bilan des victimes dépassera certainement le millier de morts, c’est tragique !
Mais plus encore, c’est l’état d’esprit qui a animé le pays durant ces mois de crise : un pays divisé en deux, d’un côté les pro-Gbagbo, de l’autre les pro-Ouattara. Tous ceux qui ont observé la Côte d’Ivoire ont été surpris par la passion, la détermination, voire même parfois la haine qui animait chaque camp contre l’adversaire. Un conflit qui a pris des telles proportions irrationnelles ne pourra pas se résoudre en un clin d’œil. La tâche la plus urgente et la plus difficile pour le Président élu sera donc de réconcilier les ivoiriens.
Deux fronts à gérer
Pour affirmer son autorité, Alassane Ouattara doit gérer deux fronts : d’un côté, il doit convaincre les ivoiriens qu’une nouvelle ère commence, faite de paix et si tout va bien, de prospérité ; de l’autre, il doit se méfier de ses amis encombrants, ceux qui l’ont aidé à accéder au pouvoir en délogeant Gbagbo (Forces Nouvelles, France, ONU, etc.) afin de marquer son indépendance et garder les mains libres pour gouverner.
Pour le premier chantier, il a proposé de créer une commission « Vérité et Réconciliation ». C’est un outil efficace qui a fait ses preuves en Afrique du Sud.
Pour le second chantier, il a parlé de justice indépendante et du renforcement des institutions. Plus facile à dire, qu’à faire…
Bon courage monsieur le Président, vous n’avez pas droit à l’erreur !
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