La pénurie serait due à une chute des importations du carburant provoquée par la suppression partielle des subventions.
Les habitants de Bayelsa patientent dans de longues files d'attente afin de faire le plein de leurs voitures, tandis que d'autres se battent dans différents marchés noirs qui vendent le litre à 500 nairas (3,0 dollars).
La pénurie oblige les habitants de Bayelsa à se déplacer à pied sur de longues distances et les automobilistes à se rendre dans des états voisins comme le Delta pour acheter le litre de carburant moins cher à 100 nairas.
Certains habitants expliquent qu'ils attendent dans les stations services depuis trois jours.
"J'ai vu que le carburant coûtait 500 à 600 nairas le litre, et j'ai décidé de stationner ma voiture ici et je suis encore là. C'est pathétique", a dit Bob Ahprela, un pasteur.
"Nous supplions les gens qui importent le carburant de nous en apporter parce que nous souffrons ici, notre peuple souffre, un litre de carburant au marché noir c'est 500 nairas, nous ne savons que faire, nous implorons les importateurs de nous apporter le carburant", a dit Emma Saviour, conducteur de bus.
La situation se détériore alors que les résidents se plaignent de la hausse du prix du transport pour se rendre dans d'autres villes.
"Hier, de River à Yenagoa, j'ai payé 1.200 nairas (7 dollars), aujourd'hui, je paye 1.400 nairas (8 dollars), je ne sais même pas pourquoi ça a augmenté", explique l'étudiant Lyver Douye.
Les négociants en carburant ont prévenu au début du mois que le pays risquait de connaître une pénurie dans les semaines à venir car les importations ont chuté de près de 40 pour cent depuis que le gouvernement a annoncé la suppression partielle des subventions.
Le gouvernement du président Goodluck Jonathan avait brutalement supprimé les subventions le 1er janvier. Mais les manifestations des syndicats et des organisations de la société civile l'ont obligé à rétablir une partie de ces subventions, bien que le prix à la pompe soit monté de 50 pour cent.
Selon les analystes, les décideurs ne sont pas parvenus à protéger les consommateurs contre des négociants peu scrupuleux.
"A Bayelsa, il y a tellement d'impunité chez ceux qui font les affaires, c'est parce qu'ils ne se soucient pas du bien de la population quand ils prennent leur décision. Donc il n'y a pas de contrôle au niveau de l'état et chacun peut venir faire des affaires et vendre au prix qui lui plait", a dit Godsent Jim-Dorugu, a dit un analyste.
Les principaux négociants et les importateurs privés fournissent 50 pour cent de l'offre locale de carburant et le Nigerian National Petroleum Corporation complète le reste.
Il semblerait que les négociants aient réduit de moitié ou cessé d'importer le carburant.
Le Nigeria importe l'essentiel du carburant qu'il consomme car ses quatre raffineries ne produisent qu'un quart de leur capacité installée.
Plusieurs enquêtes sont actuellement en cours dans le secteur pétrolier, déclenchées par le différend sur les subventions, notamment une enquête du sénat sur les subventions, une enquête du service anti-corruption sur la compagnie pétrolière d'état et sur l'organe de régulation du prix, ainsi qu'un audit de tout le ministère du pétrole.
publié le 15/02/2012
Forte pénurie de carburant dans un état pétrolifère du Nigéria
L'état de Bayelsa, troisième plus grand producteur de pétrole du Nigeria, est confronté à une forte pénurie de carburant qui paralyse les usagers de la route et les automobilistes.
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